La question est intéressante, mais la réponse est sans doute à multiples facettes.
Les bases :L'évolution se produit par le jeu combiné de mutations et de sélection naturelle.
Pour rappel, la mutation est un
accident de reproduction de l'ADN d'un individu au sein d'une espèce qui va apporter une
modification pendant le développement de ce dernier. La plupart du temps, cette modification accidentelle est non viable et l'individu n'y survit pas.
Quand la modification est viable, l'individu présentera souvent (mais pas toujours) une
modification, un caractère, une aptitude différente (ou encore la même aptitude, mais en plus ou en moins) qui sera
un avantage ou un handicap.
Ensuite,
la sélection naturelle fera son oeuvre : si le nouveau caractère est un handicap, il y a de fortes chances pour que l’individu ne survive pas longtemps. Sa mutation disparaîtra avec lui.
Si le caractère est un avantage, il s’en tirera mieux que ses congénères « normaux », qui se feront éliminer plus vite que lui. Il se
reproduira et propagera sa mutation et tous les individus présentant cette mutation auront un avantage sur les « non-mutants » qui laisseront donc leur place à la variété version 2.0.
Donc pour la population :Partant de là, sachant que les mutations se produisent une fois par x reproductions (disons une fois par milliard, je donne un chiffre au hasard, rien à voir avec la réalité, ce n’est pas ici le plus important), si la population de ton espèce compte un millier d’individus, une mutation se produira environ chaque millionième génération.
Si la population compte un million d’individus, ce sera chaque millième génération.
Statistiquement, plus la population est grande, plus la probabilité d’avoir une mutation au bout de x générations est grande. C’est à ce niveau, une simple règle de trois, mais, hyper important,
toutes autres conditions extérieures restant identiques.
Et c’est bien là le problème : en comparant des populations de la même espèce en des lieux différents, il est pratiquement impossible de rencontrer des conditions environnementales rigoureusement identiques.
Les tares :Autre chose à ne pas négliger, si la population devient vraiment trop réduite, la consanguinité risque de produire des tares héréditaires graves. Ce ne sont pas à proprement parler des mutations, car les gènes qui s’expriment sont déjà là, mais par le jeu des combinaisons apparentées, si un gène récessif malade est présent dans la famille, on augmente les chances de le retrouver en double chez le descendant et le gène récessif pourra alors exprimer tout ce qu’il a de mauvais en lui
Origines nombreuses :L’autre aspect que tu soulèves est aussi intéressant : la richesse du patrimoine génétique d’une espèce ayant de nombreuses origines croisées ne risque pas, à mon avis, d’être un frein à l’adaptation, c’est plutôt le contraire.
Notre code ADN contient un très grand nombre de gènes qui ne s’expriment pas, des
gènes dormants. En théorie, qu’ils soient présents ou non ne change rien pour l’individu.
Mais on a découvert, il n’y a pas si longtemps, que
ces gènes dormants étaient capables de se réveiller lors de changement de contexte, quand l’environnement, le climat, les conditions de vie changent. C’est un peu comme si on disposait pour chaque caractéristique d’un ensemble de carte à jouer, et qu’en fonction du jeu de l’adversaire (ici, la pression de l’environnement), on choisit la meilleure carte à sa disposition.
On suppose que ces gènes dormants ont été utiles dans une forme antérieure de l’évolution, que le caractère n’avait plus d’utilité, mais le gène est resté bêtement là, parce qu’aucun mécanisme dans la sélection naturelle n’est prévu pour éliminer un gène inactif.
De ce point de vue, une espèce ayant de nombreuses origines croisées et disposant d’un grand nombre de gènes dormants dispose très vraisemblablement d’une capacité d’adaptation supérieure à une autre espèce moins pourvue.Note : l'évolution se fait généralement à petits pas, mais ce n'est pas toujours le cas,
il existe des sauts spectaculaires dans l'évolution. Cela s'explique aussi, mais si tu veux, ce sera pour demain, car là, je vais aller faire dodo

En espérant ne pas être trop brouillon dans mes explications.
P.-S. : pour un récit de science-fiction ? Tu m'interpelles, là 