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Boz CryptoClown

Nombre de messages: 484 Age: 29
 | Sujet: Sirènes & Tritons Lun 9 Avr - 11:40 | |
| Où vais-je placer mes petits protégés... Hominidés, cryptides aquatiques ? Allez, mythologie, je préfère ! Ceci est un texte que j'ai fourni à un premier forum de potes (Mayerem). 1. Histoire du mythe et sa perception dans nos contrées à travers le temps.Souvenons-nous de nos cours de philo : avant de parler d’un sujet, il faisait bon le définir, ce qui signifiait qu’on savait de quoi on parlait et permettait surtout de situer, pour le prof et néanmoins lecteur, la perception que l’on avait du sujet. C’est dès ce début que notre sujet devient confus et complexe. Attention à bien vous perdre… Qu’est-ce qu’une sirène ?Cette simple question pourrait à elle seule remplir tout un ouvrage. Mais essayons d’être concis : n’allons pas chercher, pour l’instant du moins, les origines : demandons nous ce que l'évocation de ce nom évoque aujourd’hui et maintenant dans les esprits. Pour l’opinion commune, la sirène est une séduisante créature à l’apparence féminine jusqu'à la taille, qu’on imagine généralement avec les cheveux longs. En dessous de la taille est une nageoire de poisson. Ceux qui en savent un peu plus nous diront que ces créatures possèdent une charmante voix. D’autres en savent encore plus et nous dirons qu’elles usent de ce chant pour attirer les marins, dont les vaisseaux se fracassait invariablement sur un récif. Très peu vous diront que les sirènes n’étaient pas, autrefois, il y a très très longtemps, des femmes poissons mais des femmes oiseaux. La description s’arrêtera généralement là. Nous voilà avec deux sirènes : une femme oiseau et une femme poison... Est-ce la même qui aura mutée au fil des temps dans les récits ou est-ce deux créatures mythologiques bien distinctes que les mots et leurs traductions ont confondues ? Laquelle est la vraie ? Puisque la sirène est un mythe, puisque la sirène est un beau mensonge, nous dirons qu’aucune vérité n’est valable. Le silence des SirènesMalgré tout, un mensonge qui dure depuis le tout début de notre histoire est un mensonge qui mérite considération. Ce serait de plus ignorer tout les témoignages rapportés depuis des siècles. Partie de l’histoire, la sirène est presente depuis l’aube celle-ci. Voilà à peine moins de 300 ans au plus large et 60 ans au plus court que la science et l’imaginaire populaire ont cessés de croire en ces créatures, au nom de la science qui attribue la croyance aux lamantins, prétextant une ressemblance discutable. Les marins auraient confondus cet animal avec une sirène. On argumentait à l’époque que cet animal se tient droit au dessus des flots, que la femelle possèderait des mamelles, que l'on confonderait avec des seins, avec lesquelles elle allaiterait son petit à la manière des humaines ou des grands singes. Que la peau ridée de son visage ressemblerait, de loin, à une chevelure (surtout avec des algues dessus) et enfin, suprême argument, que le marin qui est restée en mer si longtemps prend pour une sirène. Il est certain que certaines visions (aussi étrange que cela puisse paraître) de sirènes s’expliquent par cet animal. Colomb disait avoir vu des sirènes, mais il n’indiquait nullement un sentiment de merveilleux, et il est certain que l’homme cultivé qu’il était entendait par « sirène » cet animal, sans songer à la créature des fables. Cet animal appartient, du reste, à la famille biologique des « siréniens », en souvenir de ses méprises. Mais nous savons que derrière le mot « sirène » se cache plusieurs apparences. Cette explication me semble donc pertinentes dans certains témoignages mais qu’en est-il des mers où aucuns lamantins n’ont jamais posé nageoire ? L’Angleterre et surtout son ancienne patrie devenue française, la Bretagne regorgent d’histoires de sirènes. D’ailleurs les Bretons ne s’y trompaient pas et ne nommaient pas ces créatures « sirènes » mais « Morgan » ou « Marie-Morgan ». les Anglophones utilisent le mot « mermaid » pour parler de ses femmes poissons, même si ils utilisent également mais rarement le mot « siren », qui renvoie chez eux plus volontier aux créatures antiques grecques. Nous n’aurons pas d’autres explications scientifiquement plausibles pour nos sirènes, hormis le mensonge. Mais nous remarquons qu’avec nos histoires de lamantins, nous n’avons fait que parler de « mermaids », de femme poisson. Qu’en est-il des « sirens »,des femmes oiseaux, de l’antiquité grecque ? Il nous faut remonter le temps très très loin, et voyager jusqu'à l’aube de l’histoire, bien avant l’avènement du Christianisme pour peut-être obtenir des réponses. Pour en finir avec les lamantins, les biologistes n’ont jamais observer un lamantin se tenir droit au dessus des flots, bien qu’il lui arrive de le faire sous l’eau. Et les biologistes n’ont jamais observé non plus de lamantin allaitant son petit en le tenant « entre ses nageoires ». Bernard Heuvelmans lui-même se montrait sceptique quant à cette explication. J'aimerais beaucoup, pour ma part, voir un de ses animaux avec ses mamelles gonflées. Bien qu'ayant été à Castellane, au musée "Sirènes et Fossiles", qui s'amuse à parler zoologiquement des siréniens tout en montrant le lien avec les Sirènes, et y ayant vu des vidéos de ces animaux et des sculptures échelle 1:1, je n'ai pas vu de "seins". Juste des espèces de tétines plus proche du pis de la vache. Mais peut-être ne se gonflent-elle qu'en période de mise à bas et d'alaitement, ce qui est très plausible. Le chant des SirènesEnviron 1200 avant Jésus Christ : cependant que Moïse reçoit les tables de la Loi au sommet du Sinaï, Troie est assiégée par les Achéens. C’est la grande guerre mythique de l’antiquité contée dans L’Iliade d’Homère. Ulysse, un des nombreux intervenants de cette grande guerre ne rentrera chez lui que 20 ans plus tard… Ces 20 ans d’errances, c’est L’Odyssée. Ces deux ouvrages sont les plus anciens récits que nous ayons de toute notre Histoire, et leur auteur un de nos plus grand poète. Bien avant Hérodote, le premier historien et ethnologue (environ 400 avant JC), et déjà les sirènes y sont décrites. Les artistes Grecs célèbreront ces créatures à travers leurs arts, et nous sont parvenues des mosaïques, des vases représentant ces fameuses sirènes. Nous voyons des oiseaux à tête de femmes, quelques fois dotés de bras pour jouer de la lyre. Elles ressemblent plus à l’idée que nous nous faisons des Harpies. Pas de cheveux longs, pas de poitrines. En fait, pas d’attraits physiques. Qu’est-ce donc alors qui a failli perde Ulysse, s’il n’avait eut l’amour de la sorcière Circé pour l'avoir mis en garde de ses conseils avisés? Le chant, me direz-vous. Mais la séduction de la Sirène antique va bien plus loin que nos ingénues Sirènes populaires d’aujourd’hui. Voyons voir ce que nous dit Homère sur ce plus ancien récit de sirène qui nous soit parvenu : | Notre bon pote Homère a écrit: | (Circé parle à Ulysse) « …sois maintenant attentif à ce que je vais dire ; un dieu d'ailleurs te le rappellera. Tu rencontreras d'abord les Sirènes. Elles charment tous les hommes qui s'approchent d'elles ; malheur à qui, par ignorance, les aborde et les écoute ; jamais sa femme, ni ses tendres enfants, ne se réjouiront de son retour, ni ne se tiendront auprès de lui. Mais les Sirènes le charmeront par leur chant harmonieux, assises dans une prairie, entourées d'un monceau d'ossements humains et de chairs que la corruption consume. Éloigne-toi donc rapidement ; bouche les oreilles de tes compagnons avec de la cire amollie ; prends garde qu'aucun d'eux ne les entende. Écoute-les, toi, si tel est ton désir ; mais fais-toi fortement attacher au mât, debout, pieds et mains liés, afin que tu les entendes avec délices. Si ensuite tu implores tes compagnons, si tu leur ordonnes de te délivrer, qu'ils te chargent de plus de liens. (Circé parle à Ulysse des autres dangers qui l’attendent, puis il s’en retourne vers son équipage) « Alors, le coeur contristé, j'adresse à mes compagnons ces paroles : "Amis, il ne faut pas que les décrets divins que m'a révélés Circé soient connus d'un seul ou même de deux de nous ; je vais vous les apprendre, afin que nous sachions tous comment nous pouvons périr ou éviter la mort et la Parque fatale. Circé nous ordonne d'abord de nous garder du chant des divines Sirènes et de leur prairie couverte de fleurs. Elle ne permet qu'à moi de les écouter, pourvu que vous m'attachiez debout au mât, avec une lourde chaîne, et que j'y demeure immobile. Si ensuite je vous implore, et si je vous ordonne de me délivrer, chargez-moi de plus de liens." « Pendant que je dis ces choses à mes compagnons, le navire arrive rapidement près de l'île des Sirènes, tant le vent nous est propice ; mais à ce moment il s'apaise, un calme profond succède, et une divinité assoupit les flots. Mes compagnons se lèvent pour plier la voile, qu'ils laissent tomber au fond du navire. Ils reprennent ensuite leurs rames, et, courbés sur les bancs, ils font blanchir les ondes sous leurs coups redoublés. Cependant, je divise avec mon glaive un énorme disque de cire. De ma forte main j'en amollis les parcelles. La cire cède bientôt à mes efforts, secondés par l'ardeur du soleil ; je fais approcher en ordre mes compagnons, et je leur bouche les oreilles. Eux, aussitôt, m'attachent au mât, debout, pieds et mains liés, puis ils s'asseyent et frappent de leurs rames la mer écumeuse. Ils se hâtent, et déjà nous approchons du rivage à la portée de la voix. Les Sirènes aperçoivent le vaisseau qui, près de leur plage, fend légèrement les ondes ; soudain, elles entonnent leurs chants harmonieux. "Viens à nous, glorieux Ulysse, honneur de la Grèce ; arrête ton navire, afin d'entendre notre voix. Jamais on ne passe outre, avec un vaisseau, avant d'avoir ouï les doux chants qui s'échappent de nos lèvres, puis l'on s'éloigne transporté de plaisir et sachant bien plus de choses. Nous n'ignorons rien de ce que les Grecs et les Troyens ont souffert dans les vastes plaines d'Ilion ; par la volonté des dieux, nous sommes instruites de tout ce qui arrive sur la terre fertile." « Ainsi elles chantent et font entendre de belles voix ; mon coeur brûle de les écouter encore ; j'ordonne à mes compagnons, en agitant mes sourcils, de rompre mes liens. Mais ils font force de rames, tandis qu'Euryloque et Périmède se lèvent et me chargent de plus de liens. Enfin, nous nous éloignons ; je ne distingue plus la voix ni le chant des Sirènes ; alors je rends l'ouïe à mes compagnons, et à leur tour ils me délivrent… »
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Nous remarquons que la description d’Homère des Sirènes est… inexistante ! Nulle part, Homère n’indique quoi que ce soit sur l’apparence des Sirènes, bien qu’elles soient féminines. De grands esprits ont d’ailleurs remarqué avec beaucoup de pertinence que ce qui attire Ulysse, sage souverain, héro par excellence, n’est pas tant le chant que la promesse du savoir. Les Sirènes connaissent le nom d’Ulysse, savent qui il est, ce qui a été enduré à Troie, ce à quoi il aspire au fond de son coeur. Comme Adam et Eve, Ulysse fut tenté par le savoir. La connaissance, dont les Grecs étaient si friands. D’où vient alors ces femmes oiseaux ? Les explications sont nombreuses, mais on peut rattacher le mythe Grecque de la Sirène a une croyance Egyptienne figurant l’âme du défunt comme un oiseaux à tête humaine… Un lien entre la vie et la mort. « sirène » veut dire « lien ». Mais rien n’est prouvé, et rien ne le sera sans doute jamais, ce lien peut aussi bien n'être que l'implacable cordage salvateur qui maintient Ulysse à sa mâture. Et qu’en est-il de la femme poisson ? La Grèce possédaient des « filles des eaux », mais ce n’étaient pas le mot « Sirènes » qui les désignaient mais les « Néréides » (également présent les Océanides et les Tritons) pour les filles de la mer et « Naïades » pour les filles des eaux douces. Ce sont elles qui ressembleraient à nos Sirènes « mermaid » ou « morgan ». Mais les récits semblent hésitant quant aux nageoires , tantôt décrite, tantôt ignorées de ces filles des eaux, chevaucheuse de dophins, qui n’étaient que douceurs et gentillesses, bien qu’elles soient tout aussi séduisantes. D'ailleurs, ne dit-on pas de nos jours "une naïade" pour désigner une jolie fille en bikini alors que "sirène" trouve une connotation plus dangereuse, plus "femme fatale"? Notons que dans certains témoignages, la nageoire n’est pas présentes chez la sirène et elle peut très bien apparaître comme une humaine… La célèbre Petite Sirène de Copenhague elle-même semble hésiter entre jambes et nageoire. Ce qui relierait la Sirène au monde de l’Invisible, c'est-à-dire des Fées, duquel subsiste des témoignages en France jusqu'à il y a moins de 150 ans… Notons que pour désigner l'enssemble des Fées (du latin Fatum, destin), les grecs utilisaient le mot Nymphe. ceci englobaient toutes les Néréides, Naïades, Dryades etc. Les Nymphes assistèrent aux funérailles du divin Achille et récupéreront la tête tranchée du pauvre Orphée.
L’énigme de la Sirène
On ne peut donc parler d’une Sirène mais de multiples sirènes. Car le nom reste incertain, comme on l’a vu, entre sirènes, naïades, Morgan etc…, l’apparence reste incertaine, entre femme fée, femme poisson… Parle-t-on en terme de symbolisme, de témoignages ? Nous sommes parti avec une unique question, qu’est-ce que le Sirène, et nous ressortons avec plus d’incertitude que jamais. Même ce que nous pensions savoir semble s’effacer au fur et à mesure que nous remontons le temps. Nous n’avons qu’une seule et unique certitude : quel que soit le lieu, l’appellation et le temps, une constante demeure : la séduction. De nos jours, l’attrait est physique, et nous voyons nos Sirènes comme de sculpturales jeunes filles, oubliant presque leur chant et occultant totalement leur savoir là où les Sirènes Grecques, chez qui le principal attrait était l’intelligence, promettait la connaissance, leur physique était inexistant, si accessoire qu’Homère n’en fait même pas mention. Signe du temps ? Autre signe du temps, la Sirène fut durant le moyen âge symbole de la femme et de la luxure, elle était un monstre qui trompait les hommes par l’apparence mais les dévoraient. Aujourd’hui, depuis les peintres romantiques, Ondine et La Petite Sirène, la sirène n’est plus un monstre pervers et méchant, et si elle fait le mal, elle s’en afflige. Comment reconnaître le symbole de la luxure dans la sirène la plus populaire d'aujourd'hui, qui va jusqu'a avoir la pudeur de dissimuler sa poitrine ? Ceci n’est pas sans nous rappeler un autre grand mythe proche, celui du vampire. De même que la sirène, le vampire moderne, avec la vision de Coppola du Dracula de Stoker ainsi que celle d’Anne Rice et de ses vampires, la créatures devient victime d’elle-même, elle s’humanise. J’ai mon idée qu’en humanisant ses monstres, l’humanité prend inversement conscience de sa propre monstruosité.
Dernière édition par Boz le Jeu 25 Sep - 21:39, édité 4 fois |
|  | | Boz CryptoClown

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 | Sujet: Témoignages Lun 7 Mai - 22:21 | |
| Ce récit authentique dans son rapport (c'est ce que j'appelle un "conte folklorique", par opposition aux "contes littéraire"), est précieux car il nous donne en préambule une sorte de « guide de la sirène ». C'est le premier "témoignage" que j'ai choisi de placer ici. Dicté par feu Cazaux de Lectoure, Jean-François Bladé dans Contes Populaires de la Gascogne, 1886 (témoignage repris dans l’ouvrage Sur La Trace Des Fées, par Marie-Charlotte Delmas, d'où je le tire. Cette version semble toutefois incomplète)
LES SIRENES DU GERS
« Il y a des Sirènes dans la mer, il y en a aussi dans les rivières. Tout à l’heure, vous aurez la preuve qu’on en a vue dans le Gers. Les Sirènes ont des cheveux longs et fins comme de la soie, et elles se peignent avec des peignes d’or. De la tête à la ceinture, elle ressemble à de belles jeunes filles de dix-huit ans. Le reste du corps est pareil au ventre et à la queue de poisson. Ces bêtes ont un langage à part, pour s’expliquer entres elles. Si elles ont affaire à des chrétiens, elles parlent patois ou français. On dit que les Sirènes vivront jusqu’au jugement dernier. Certains croient que ces créatures n’ont pas d’âmes. Mais beaucoup pensent qu’elles ont dans le corps les âmes des gens noyés en état de péché mortel. Là-dessus, je suis hors d’état de décider. Pendant le jour, les sirènes sont condamnées à vivre sous l’eau. On n’a jamais pu savoir ce qu’elles y font. La nuit, elles remontent par troupeaux, et folâtrent, en nageant au clair de lune, jusqu’au premier coup de l’Angélus du matin. Il arrive parfois qu’elles se battent. Alors elles s’égratignent et se mordent, pour se sucer le sang. Au premier coup de l’Angélus, elles sont forcées de retourner sous l’eau… Et maintenant, voici la preuve qu’il y a des Sirènes dans le Gers :
Il y avait autrefois, au hameau de la Côte, tout proche de la ville de Lectoure, un jeune tisserand si passionné, si passionné par la pêche, qu’on lui avait donné le nom de Bernard – Pêcheur (nom du héron en Gascogne). Chaque soir, au couché de soleil, il s’en allait tendre, dans le Gers, des filets et des lignes de fond, qu’il levait le lendemain matin, avant la pointe de l’aube. Un soir, au temps de la moisson, Bernard – Pêcheur était allé poser ses filets et ses lignes en face de la métairie de Talayzac, dans la commune du Castéra – Lectourois. Cela fait, il se dit en lui-même : -Ma maison est loin : la métairie de Talayzac est proche. Je le connais, le métayer. Il me logera pour la nuit. Demain, je lui ferais présent d’une carpe ou d’une anguille. Le métayer fait souper Bernard – Pêcheur, et l’envoya dormir dans un bon lit. Après son premier sommeil, Bernard – Pêcheur sauta par terre, s’habilla dans l’obscurité, ouvrit les fenêtres, regarda la lune et les étoiles et pensa : -Trois heures ne sont pas loin. Il s’en va, le temps de lever ses filets et ses lignes de fond. Aussitôt, Bernard – Pêcheur descendit vers la rivière. A cent pas du Gers, il entendit des rires et des cris de jeunes filles. -Au diable ! pensa t-il. Les jeunes filles du Castéra sont venues se baigner ici. Elles auront épouvanté le poisson. Je n’aurais pas besoin d’emprunter la jument poulinière du métayer de Talayzac, pour rapporter ma prise à la maison. Bernard – Pêcheur s’approcha doucement, doucement de la rivière, en se cachant derrière les buissons, les frênes et les saules, pour bien voir les jeunes filles, sans leur donner à comprendre qu’il était là. Les jeunes filles peignaient, avec des peignes d’or, leurs cheveux fins comme la soie. Elles nageaient et folâtraient au clair de lune. Bernard – Pêcheur entendait leurs cris et leurs rires. -Le Diable m’emporte, pensa-t-il, si je connais aucune de ces filles, si je comprends un seul mot de ce qu’elles disent. La pointe de l’aube n’était pas loin, et Bernard – Pêcheur regardait toujours. Enfin, l’une des filles l’aperçut, et cria : -Un homme ! Un homme ! ; aussitôt, toutes les jeunes filles se tournèrent vers Bertrand – Pêcheur : -Bernard – Pêcheur, mon ami, viens, viens jouer avec nous. -Mère de Dieu ! Je suis tombé sur un troupeau de Sirènes ! -Bernard – Pêcheur, mon ami, viens, viens nager avec nous. Alors, les sirènes commencèrent une chanson si belle, que vous n’avez jamais entendu ni n’entendrez jamais la pareille. Par la vertu de cette chanson, Bernard – Pêcheur était forcé de se rapprocher de l’eau de plus en plus. Les sirènes chantaient toujours. ; -Mère de Dieu ! pensait le tisserand, je suis tombé sur un troupeau de Sirènes. Les sirènes chantaient toujours. -Mère de Dieu ! Je suis tombé sur un troupeau de Sirènes. Les sirènes chantaient toujours. Bernard – Pêcheur était sur le bord de la rivière. Il allait plonger, sans le vouloir, quand les cloches de l’église du Castéra sonnèrent le premier coup de l’Angélus. Aussitôt, les Sirènes finirent leur chanson, et se cachèrent sous l’eau. Bernard – Pêcheur tremblait comme la feuille du trèfle sauvage. Il était pâle comme un mort. Il levait ses filets et ses lignes de fond. Jamais le tisserand n’avait pris tant et de si beaux poissons. Mais il n’en garda rien pour lui, et donna tout au métayer de Talayzac. Cela fait, il rentra chez lui, à la Côte, et demeura sept jours sans sortir. Le huitième, il partit, avant le jour, pour Notre - Dame - De – Bétharam, qui est un lieu de dévotion renommé, dans le pays de Béarn. Là, Bernard – Pêcheur passa tout un mois à faire brûler des cierges, et à entendre des messes, depuis le lever du soleil jusqu'à midi. Le sois, il disait son chapelet, jusqu'à l’heure du coucher. En rentrant à la Côte, Bertrand – Pêcheur brûla ses filets et es lignes de fonds. Il ne pêcha plus, et conseilla à ses amis d’en faire autant. La nuit, il s’écartait du Gers, car il avait peur de retomber sur un troupeau de Sirènes. »
Je suis un grand rêveur, et j’aime non seulement croire en ce récit, mais en plus me dire que ces Sirènes n’étaient pas si méchantes et qu’Hylas avait eu raison d’être moins religieux que Bernard – Pêcheur. En effet, les Sirènes ne lui ont-elles pas laissés la plus belle prise de sa vie avant de partir ? Il est du reste moins sûr que Bernard – Pêcheur ait été « involontairement » attiré par le chant que sa volonté ait quelques peu fléchie face à une telle vision et ne pu résister à si charmante tentation. Ce qui expliquerait pourquoi cet homme, si religieux, est resté si longtemps en repentir dans l’église. Mais ce n’est qu'une de mes nombreuses mes petites fantaisies personnels… ^^ Le mythe d'Hylas et très connu de l'antiquité et des peintres. Hylas était un compagnon d'Héraklès (Hercule), et ce dernier l'envoya chercher de l'eau lors d'une escale ponctuant l'expedition des Argonautes. Hylas tomba sur des Naïades qui l'entrainèrent. On dit quelque fois qu'il se noya, d'autres qu'il vécu heureux avec les Naïades. A mon avis la première version est Chrétienne et la seconde plus vraisemblable car plus proche du paganisme. Pour accompagner ce premier témoignage, voici plusieurs peintures de différentes visions à travers le temps et les lieux d'Hylas et les Nymphes, qui pourraient aussi représenter Bernard-Pêcheur.  (mon favoris : J.W Waterhouse)  (Fransesco Furini)  (Edouard Théophile Blanchard)  (?)  (Gerard)  (Henrietta Rae)  (? Mosaïque, Volubilis, Maroc)
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|  | | Boz CryptoClown

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 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Mar 8 Mai - 17:57 | |
| Une petite photo amusante du Photographe Todd Essick présentant un lamantin et une jeune fille au coeur de l'onde! Même sous une eau noir et blanche, est-il possible de confondre même en ayant un taux d'alcoolémie conséquent ?  www.essickphoto.com |
|  | | Boz CryptoClown

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 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Mar 8 Mai - 18:57 | |
| Voici un autre témoignage, plus "brut", qui plaira sans doute plus aux cryptozoologues que vous êtes.  (je n'ai pas réussi à numériser le texte, tant pis, ça possède son charme comme ça!) Première page Seconde page Ces pages sont scannées de mon exemplaires de "Histoires et Légendes de la Mer Mystérieuse" par notre ami Bernard Heuvelmans. Voici ses sources pour cet article : Rapport par Bénédict-Henry Revoil in Pêches dans l'Amerique du Nord, Mame, 1870. Et pour en finir avec les lamantins, : vous admettrez avec moi que la précision de ce rapport ne permet aucune équivoque concernant une éventuelle méprise avec un lamantin ou un quelconque autre animal. Voici pourtant ce qu'on peut trouver sur le net, comme ailleurs : | www.awotheworld.free.fr a écrit: | | "D'illustres navigateurs ont dit avoir rencontré des sirènes : Christophe Colomb, en 1493, en aurait vu trois près des côtes de Saint- Domingue, « mais elles n'étaient pas aussi belles qu'on les décrit... » (Note de Boz : Colomb a sans doute effectivement vu des lamantins, animaux inconnus en Europe.) Un avis qui n'est pas partagé par les marins d'un navire américain qui ont observé, vers 1850, près des îles Sandwich (Hawaii), une sirène « d'une grande beauté qui ne cédait en rien aux plus belles femmes ». Ces « sirènes » sont certainement des mammifères marins, tels les lamantins et les dugongs, qui vivent dans les eaux peu profondes des archipels, des lagunes et estuaires." |
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|  | | Boz CryptoClown

Nombre de messages: 484 Age: 29
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Lun 21 Mai - 17:55 | |
| Tralilalia pou poum J'a trouvé sur Ebay cette carte postale (que je connaissez déjà pour l'avoir en miniature dans un livre) où de doux couillons se sont amusés à déguiser un dugong (très proche parent asiatique du lamantin) en sirène...  Outre la blaguounette, ceci possède le mérite de constater que même affluber de vêtement féminins, on a dû mal à croire que ceci puisse être pris pour un buste de femme "parfaitement conformé" et "ne cédant rien aux plus belles femmes". Bon, voilà, pour le lamantin, j'ai tout dis ! |
|  | | Boz CryptoClown

Nombre de messages: 484 Age: 29
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Lun 24 Sep - 15:04 | |
| | Citation: | | (6 Sept 1809) There is much news from the Walcheren expedition, and a quite fascinating account of a mermaid, seen by a young woman at Reay Manse in Scotland. In fairness, the young woman denied that what she saw was a mermaid (although the headline is "The Mermaid seen on the coast of Caithness") She describes "The forehead, nose and chin were white, the whole face of a bright pink colour. The head was exceedingly round, the hair thick and long and of a green oily cast, and appeared troublesome to it, the wave generally throwing it down over the face; it seemed to feel the annoyance, and as the waves retreated, with both it's hands frequently threw back the hair and rubbed it's throat as if to remove any soiling it might have had from it. The throat was slender, smooth and white. We did not think of observing whether it had elbows, but from the manner in which it used it's arms, I must conclude that it had. The arms were very long and slender, as were the hands and fingers; The latter were not webbed". |
http://cgi.ebay.fr/1809-newspaper-Ischia-Haiti-Mermaid-in-Scotland_W0QQitemZ150162793748QQihZ005QQcategoryZ13993QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
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|  | | Alizea Explorateur

Nombre de messages: 54 Age: 33
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Lun 24 Sep - 21:24 | |
| Il me dit "page inaccessible"! |
|  | | Boz CryptoClown

Nombre de messages: 484 Age: 29
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Mar 25 Sep - 10:39 | |
| Chez moi ça marche... :/
Ben de toutes façons, il n'y a pas grand'chose de plus que ce qui est ici : c'est un type qui vend un vieux quotidien, sur Ebay, où figure cet article.
Il m'intéresse au plus haut point parce que la description donné par la dame me faisait penser à une autre description qui lui ressemblait assez (surtout le visage "rond"). Le nom du bled me disait aussi kek'chose... Et pour cause ! Celle que j'ai est consignée dans "Sea Enchantress" et est écrite par un professeur d'école dans un article du 8 Septembre 1809 (soit 2 jours après la parution de cet article) et décrit une sirène vue "il y a une douzaine d'années" également à Caithness. edit : donc la professeur a vu sa sirène environ en 1797.
Dernière édition par le Mar 25 Sep - 14:39, édité 1 fois |
|  | | LombriX

Nombre de messages: 2233 Age: 31
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Mar 25 Sep - 11:28 | |
| On attribue pas le chant des sirènes aux chants des lamantins? _________________ ...M4C... |
|  | | Boz CryptoClown

Nombre de messages: 484 Age: 29
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Mar 25 Sep - 14:35 | |
| Les lamantins ne chantent pas, ils "gémissent" par petits cris (d'où leur nom ^^)... Et le lamantin n'est pas présent en Angleterre, non plus qu'en Méditerrannée, pour rendre la théorie du lamantin plausible (on a toutefois bien retrouvé des fossiles de lamantins à Castellane. Cependant, ils datent de l'époque où la Provence était sous l'eau, bien avant l'apparition de l'homme). Mais tu sais que je peux passer des heures à démonter cette théorie !  D'ailleurs, il est intéressant de noter que des témoignages de "sirènes" aux Amériques par des européens sont très éloignés des témoignages habituels européens (pas tous). Sans aucun doute, pour moi, parce qu'ils se référent en effet à des lamantins, animal alors inconnus en Europe. Je me souviens de l'un d'eux, très significatif : la "sirène" avait été capturée dans un bac d'eau, elle était fort laide et dimorphe, emettait de petits cris aigus, faisait des petites crottes dans son baquet et refusait les nourritures qu'on lui donnait. On voit bien là toutes les caractéristiques du lamantin, herbivore qui se nourrit en "brouttant" les fonds marins et ignorait donc les poissons crevés qu'on devait mettre dans son bac.  Le chant est attribué aux sirènes depuis Homère, et c'était alors, avec le savoir, le seul attribut que nous leur connaissons de cette époque. Aucune descripition physique de la sirène chez Homère ni ailleurs dans les écrits de son époque (voir mon blabla plus haut dans le premier message "le chant des sirènes"). |
|  | | LombriX

Nombre de messages: 2233 Age: 31
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Mar 25 Sep - 14:57 | |
| C'était pas pour amener une theorie, m'en fou des sirènes en fait, c'était juste une question anodine  Sinon t'aimes ton nouveau rang? _________________ ...M4C... |
|  | | Boz CryptoClown

Nombre de messages: 484 Age: 29
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Mar 25 Sep - 17:35 | |
| lol Je sens qu'on va m'appeller Bozzo... Remarque que tu aurais pu aussi, très très facilement, recevoir ce rang... :p J'avais bien compris pour la question, j'ai juste tenté d'être le plus complet possible.  |
|  | | LombriX

Nombre de messages: 2233 Age: 31
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Mar 25 Sep - 17:38 | |
| Après le Clowncrypto, le Paincrypto.....pain complet...bon ok j'arrete mes jeux de mots ramucho. Je delire mais ce que tu ecris est interessant quand même  _________________ ...M4C... |
|  | | Boz CryptoClown

Nombre de messages: 484 Age: 29
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Mer 26 Sep - 0:34 | |
| mdr non mais j'aime ! Ca mange pas de pain *bruit de cymbale suivit du rire public enregistré* Merci c'est sympa.  Comme je suis un cave en crypto, et en zoologie en général d'ailleurs, et que je suis un peu là en dilletante, faut bien le dire. Alors pour pas abuser de l'hospitalité des vrais cryptos, j'essaie quand je peux de dire des trucs un peu utile ou ayant un minimum de rapport... sans trop partir en hs ou en flood =^^= J'avoue quand même que le premier post de ce topic est trop gros et mal foutu. Et il y a des erreurs en plus. Faudrait que je le résume à l'essentiel... |
|  | | Boz CryptoClown

Nombre de messages: 484 Age: 29
 | Sujet: Re: Sirènes & Tritons Ven 18 Jan - 10:50 | |
| | Abepar a écrit: | | Si, comme la licorne, la sirène fait partie de la cryptozoologie dans le fait qu'il faut chercher ce qui se cache derrière ces observations de sirènes et ces échouages de sirènes répertoriés (parfois officiellement) au cours des siècles. On a voulu les assimiler aux...siréniens (lamantin, dugong, rythine de Steller), mais on en aurait observé dans des régions où ces siréniens sont absents. Y a-t-il un rapport avec des observations de sasquatches nageant en mer ? Le mystère demeure. |
Le lamantin a reçu son nom de sirénien en référence au mythe de la Sirène, non l'inverse. On a découvert cet animal à un moment où il fallait trouver une explication à tout (cette fameuse époque qui se moquait d'Homère). Cependant, je ne comprend pas pourquoi les cryptozoologues veulent à tout prix garder cette hypothèes intenable à tout point de vue du lamantin. Je vais simplement faire un copier/coller de ce que dit Heuvelmans à ce sujet... Pour le reste, voyez les deux témoignages que j'ai déjà mis ; j'en mettrai d'autres. Je pense que les sasquatches nageant en mer ne sont pas à exclure, mais sont un autre dossier que les Sirènes. Voici l'extrait du bouquin de Cazotte et De Sarre :
"Que pensait maintenant Bernard Heuvelmans lui-même de l'existence des hommes marins ? Dans sa "cheklist" de 1986, le zoologiste franco-blege ecrivait : Des femmes et des hommes marins ont étés signalés dans dans des mers, où des espèces récentes de siréniens ne sont pas censés avoir vécu aux temps historiques. Dans l'ouvrage le plus complet consacré à la légende de la Sirène (Benwell & Waugh, 1961), 70 observations de telles créatures sont citées. Parmis elles, 52 (près des 3/4) se seraient produites loin des aires de distribution présentes ou passées des 3 espèces de lamantins, du dugong et de l'énorme rhytine de Steller : 47 dans les eaux européennes, 3 au large du Groënland, une en Polynésie et une dans l'Océan Arctique. Dans ces régions, l'existence de phoques, d'otaries ou de morses ne peut pas, comme il a été suggéré, compenser l'absence de siréniens pour expliquer l'observation des Sirènes. Il manque en effet aux pinnipèdes le trait essentiel -quasi-indispensable- qui rend un être aquatique susceptible de se conformer à l'archétype de la Sirène (la mère dévorante ou la séductrice décevante) : les mamelles pectorales. Seule une espèce de sirénien encore à découvrir ou peut-être -mais c'est beaucoup moins probable- une forme inconnue de primate adaptée à la vie marine, pourrait expliquer l'abondance et la persistance des rapports relatifs à des femmes ou a des hommes marins."
Ce que je voudrais ajouter est que, pour des raisons déjà énoncées, je ne pense pas que le lamantin puisse expliquer le mythe de la Sirène. Certains témoignages sont sans équivoques, et je ne vois pas d'explication à l'homme marin (ou Tritons, qui n'ont pas de seins) dans les lamantins. De plus, pour avoir étudié l'animal au musée qui lui est dédié à Castellanne, je n'ai pas vu une seule fois de "poitrines" aux lamantins.

Je suppose que ça ne leur arrive pas fréquemment, et même si c'était le cas, quelqu'un d'assez près pour voir ces fameuses mamelles serait bien assez près pour voir de quoi il s'agit, car je ne crois pas que ce soit des mamelles à la Lolo Ferrari. De plus, je n'ai que peu de témoignage de Sirène échouée (deux dont une date de l'antiquité et est douteuse. L'autre est sans équivoque ; la description est claire et parle même d'une enfant Sirène). Il est très facile de reconnaître le lamantin dans les témoignages où il est en cause. Je remarque qu'a une exception (le déçu Colomb), à chaque un de ces rapports, on ne parle pas directement de Sirène mais de créatures rappellant les Sirènes ou faisant référances à par comparaions mais non reconnues comme tel. Pour le reste, voir plus haut bande feignasses.
Alors maiheu, arrêtez de ressasser des vieilles explications d'autres, ressassez plutôt directement la source en la présence des témoignages eux-mêmes. A vous de juger ensuite, mais je crois que seul l'explication de l'hallucination ou du mensonge pourra satisfaire vos Esprits de Saint Thomas !  |
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